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Publié le 15 Juillet 2026

Après une première réforme entrée en vigueur au 1er janvier 2026, le diagnostic de performance énergétique (DPE) s'apprête à connaître un nouveau tour de vis en faveur de l'électricité. Le gouvernement prévoit d'abaisser une nouvelle fois le coefficient de conversion de l'électricité à partir du 1er janvier 2027, une mesure technique aux conséquences très concrètes pour des centaines de milliers de propriétaires.
Le DPE ne se contente pas de mesurer l'énergie réellement consommée dans un logement (l'énergie dite « finale »). Il la convertit en énergie « primaire », c'est-à-dire l'énergie qu'il a fallu mobiliser en amont pour produire celle-ci. Chaque source d'énergie possède son propre facteur de conversion : le gaz et le fioul restent fixés à 1, tandis que l'électricité bénéficie d'un coefficient plus élevé, hérité d'une convention statistique des années 1970 qui reflétait alors un mix électrique encore largement composé de centrales thermiques.
Ce coefficient a beaucoup varié dans le temps : 2,58 pendant des décennies, puis 2,3 à partir de 2022, et enfin 1,9 depuis le 1er janvier 2026. L'objectif affiché par les pouvoirs publics est de mieux refléter la réalité d'un mix électrique français aujourd'hui très largement décarboné grâce au nucléaire, alors que ce mode de calcul continuait selon eux à pénaliser artificiellement le chauffage électrique face aux énergies fossiles.
Le gouvernement souhaite désormais franchir une nouvelle étape en abaissant ce coefficient de 1,9 à 1,7, la valeur plancher autorisée par la réglementation européenne actuelle. Cette mesure fait partie du plan d'électrification des usages présenté par le ministère de la Transition écologique. Un projet d'arrêté a été soumis à consultation publique jusqu'au 6 août 2026, et le Conseil supérieur de l'énergie devait l'examiner le 23 juillet 2026, avant une éventuelle publication au Journal officiel.
Concrètement, chaque kilowattheure d'électricité consommé, qui comptait pour 1,9 kWh d'énergie primaire, ne comptera plus que pour 1,7 kWh. Pour un logement chauffé à l'électricité (radiateurs, pompe à chaleur, chauffe-eau électrique), cela se traduit par une baisse mécanique d'environ 10 % de la consommation affichée sur l'étiquette énergétique, sans qu'aucun euro de travaux ne soit nécessaire.
Comme lors de la réforme précédente, les propriétaires n'auront aucun diagnostic à refaire. Tous les DPE et audits énergétiques réalisés depuis juillet 2021 conservent leur durée de validité de dix ans. Il suffira, à partir du 1er janvier 2027, de saisir le numéro de son DPE sur l'Observatoire DPE-Audit de l'Ademe pour télécharger gratuitement une attestation actualisée avec la nouvelle étiquette, sans nouvelle visite d'un diagnostiqueur.
À ce stade, il s'agit encore d'un projet d'arrêté : rien ne sera définitivement acquis avant sa publication au Journal officiel, à l'issue de la consultation publique et de l'avis du Conseil supérieur de l'énergie.